Covid-19 : quel risque de se contaminer en extérieur ?


Un an après le début de la pandémie de Covid-19, les beaux jours encouragent les activités extérieures. Les parcs et les quais se remplissent, accueillant pique-niques et autres rendez-vous sociaux jusque-là prohibés. Pointés du doigt, ces rassemblements extérieurs doivent-ils être eux aussi découragés afin d’endiguer la pandémie ? Sciences et Avenir fait le point sur le risque de contamination en extérieur.

Moins de 10% des contaminations ont lieu en extérieur

La transmission est facilitée par la proximité, le contact prolongé et la fréquence des contacts“, énumère sur Twitter l’infectiologue écossaise Muge Cevik. “Ainsi, plus le temps passé avec une personne infectée est long et plus le rassemblement est important, plus le risque est élevé.” Cependant, le risque n’est pas le même entre l’extérieur et l’intérieur. “Plus de 90% des transmissions surviennent en intérieur“, précise Muge Cevik. Un chiffre confirmé par une analyse américaine de 5 études différentes sur le sujet (une méta-analyse) publiée en février 2021, concluant à moins de 10% de contaminations survenant à l’extérieur. Une étude japonaise citée dans cette analyse avait d’ailleurs conclu à un risque 18,7 fois plus élevé de contamination en intérieur, par rapport à l’extérieur.

Un risque négligeable dans les lieux non encombrés

Cette diminution du risque est majoritairement due à l’aération. Dehors, les gouttelettes et les aérosols chargés de virus se diluent rapidement dans l’air ambiant, au lieu de stagner et de s’accumuler comme dans une pièce fermée. Ainsi, en Italie, des chercheurs ont estimé qu’il faudrait 31 à 52 jours en moyenne pour attraper le Covid-19 dans les zones publiques – en dehors des zones très encombrées -, en supposant 10% de personnes infectées. Les auteurs estiment ce risque “très bas, presque négligeable“. D’autant qu’en extérieur la lumière UV du Soleil divise par 10 le taux de survie du virus sur les surfaces contaminées, précisent les auteurs de la méta-analyse américaine.

Eviter la foule, marcher plutôt que stagner

La question se pose cependant toujours lorsqu’il y a foule. “Les rassemblements à forte densité en extérieur, en particulier avec un faible port de masque, peuvent entraîner des taux de transmission plus élevés”, expliquent les auteurs de la méta-analyse. Sans le port du masque, une discussion prolongée, des cris ou des chants augmentent le risque de transmission à partir des personnes asymptomatiques, qui peut passer de bas à moyen, résume un tableau de la revue BMJ reproduit et traduit ci-dessous par Sciences et Avenir. Les temps d’exposition et le nombre de personnes considérés comme étant bas ou importants sont encore malheureusement à définir précisément, mais ce tableau reste utile à titre indicatif.

Risque de transmission du Covid-19 par des personnes asymptomatiques dans différents milieux et pour différentes durées d’occupation, de ventilation et d’encombrement (en ignorant la variation de la sensibilité et des taux d’excrétion virale).Cliquez pour voir en plus grand. Crédits : BMJ, traduction par Sciences et Avenir.

Même à l’extérieur, il conviendra donc de rester prudents, avec post du masque, le choix d’un lieu pas trop bondé, de préférence en promenade plutôt que statique afin d’éviter de respirer les expirations des autres. De même, quand vous allez courir, mieux vaut éviter de suivre de près un autre jogger pendant 20 minutes ou plus, conseille la Pr Cath Noakes, spécialiste des infections aéroportées, à la BBC. A l’effort, l’air expiré est en effet encore plus susceptible qu’à la normale d’être contaminé, lorsque la personne est malade.





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