Covid-19 : qui vacciner en premier ?



“Qui vacciner en priorité pour lutter efficacement contre l’épidémie de Covid-19 ?” Si les personnes âgées sont les plus à même de mourir du virus, les plus jeunes sont quant à eux plus susceptibles de le diffuser. Déterminer à qui réserver les premières doses de vaccin apparaît dès lors comme un enjeu majeur pour endiguer l’épidémie, alors que des retards d’approvisionnement se font déjà sentir.

Un groupe de chercheuses américaines en mathématiques appliquées à la biologie a montré qu’un tel dilemme n’offrait en fait pas une issue binaire mais un schéma plus complexe dans une étude parue dans Science Advances. À l’aide d’un modèle mathématique stratifié selon l’âge associé à des algorithmes d’optimisation, l’équipe a pu déterminer l’allocation optimale des vaccins pour quatre paramètres différents (nombre de décès, d’infections symptomatiques, d’hospitalisations et d’hospitalisations en soins intensifs) dans de nombreux scénarios – toute considération éthique mise à part.

Un phénomène de seuil observé pour un vaccin efficace à plus de 60% contre la transmission

Le modèle publié suggère que, pour n’importe quel vaccin efficace contre la diffusion du virus, à au moins 50% et à partir du moment où une majorité de la population est vaccinée de façon dite « optimale », l’épidémie peut être ralentie substantiellement. En se basant sur un critère de mortalité, la stratégie d’allocation est identique pour un vaccin efficace entre 10% et 50% contre la transmission : il s’agit d’abord de vacciner le groupe le plus à risque (âgé de plus de 75 ans) puis les plus jeunes quand plus de vaccins deviennent disponibles. En revanche, il existe un phénomène de seuil observé pour un vaccin efficace à plus de 60% contre la transmission : quand il y a peu de doses disponibles, il reste optimal de vacciner les personnes à risque en premier, mais quand il y a suffisamment de doses pour vacciner la moitié de la population, alors la simulation suggère de vacciner d’abord les groupes à fort risque de transmission soit ceux âgés entre 20 et 50 ans et les enfants. En effet, la vaccination directe de ceux qui diffusent le plus le virus entraîne une courbe épidémique bien plus lente et, par conséquent, moins de décès. À mesure que le nombre de doses disponibles augmente, la simulation montre que prioriser les groupes à haut risque est plus efficace.

Les commentaires d’Antoine Flahault et Pascal Crépey sur le site de La Recherche

Bien qu’elle n’ait pas vocation à être nécessairement suivie, l’étude représente toutefois une piste sérieuse dans la lutte contre le Covid-19. « Maintenant que l’on commence à avoir des éléments [concernant l’efficacité du vaccin] sur la transmission et qu’une partie de plus en plus importante des personnes âgées est vaccinée, on pourrait très certainement revisiter la stratégie actuelle », suggère l’épidémiologiste Pascal Crépey (Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique de Rennes) pour endiguer l’épidémie. D’autant que le manque criant de doses vaccinales rend la priorisation nécessaire.

Retrouvez l’intégralité de cet article commenté par les épidémiologistes Pascal Crépey et Antoine Flahault sur le site de La Recherche.



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