Depuis quand l’humain pratique-t-il des rites funéraires ?



Cet article est extrait du n°204 des Indispensables de Sciences et Avenir, daté janvier/mars 2021.

L’Homme cherche à apprivoiser la mort depuis des millénaires. C’est ainsi que des traces de rites funéraires d’il y a 100.000 ans ont été découvertes en Israël, dans la grotte de Skhul : des corps d’adultes et d’enfants, en position repliée.

Une tombe de Néandertalien

Non loin de là, à Qafzeh, ont été exhumés 25 squelettes âgés de 92.000 ans. Deux d’entre eux, ceux d’une femme de vingt ans et d’un enfant de six ans, avaient été enterrés ensemble. Mais Homo sapiens n’est pas le seul à avoir pratiqué de tels rituels. En France, à la Chapelle-aux-Saints, une tombe de Néandertalien, découverte en 1908 et vieille d’environ 60.000 ans, est la plus ancienne du territoire, avec la nécropole de La Ferrassie datée de 60.000 à 75.000 ans.

La pratique de l’inhumation témoigne notamment d’une conception symbolisée du trépas

Au fil du temps, les sépultures ont peu à peu gagné en solennité, en particulier celles de Sapiens, avec l’apparition de tumulus surmontant les tombes ou de dalles tapissant ces dernières. Bien plus tard, les rites se sont complexifiés, lorsque l’Homme s’est sédentarisé il y a environ 10.000 ans. À côté de la crémation qui fait alors son apparition, des espaces ont été dédiés à l’inhumation, les défunts étant parfois enterrés avec des objets représentatifs de leur vie passée. La présence de pollen sur les ossements montre que certains étaient allongés sur des lits de fleurs. La pratique de l’inhumation témoigne d’une conception symbolisée du trépas, d’une volonté d’honorer le corps du mort et d’accompagner son esprit vers une forme d’au-delà.


Par William Rowe-Pirra



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