Les grenouilles filtrent les cris de leurs congénères



D’après étude publiée dans the Current Biologie les grenouilles mâles se regroupent en chœurs reproducteurs denses, comprenant souvent des centaines d’individus de plusieurs espèces où ils produisent des signaux sexuels « advertisement calls » (appels publicitaires en français) pour attirer les partenaires et repousser les rivalités”. En effet, aux abords des étangs et des ruisseaux, c’est durant la période d’accouplement que la grenouille mâle émet son coassement (cri) afin d’attirer les grenouilles femelles.

Cependant, ces mâles, provenant d’espèces différentes utilisent cette technique au même moment, provoquant un brouhaha pouvant dépasser les 100 décibels (à 1m), équivalent d’un concert de rock ou d’un marteau piqueur, d’après le site de la réglementation de la Santé et de la Sécurité au Travail dans les Industrie Extractives (Ineris). D’ailleurs, les chercheurs qui travaillent dans ces lieux sont souvent contraints de porter des casques anti-bruit ou des bouchons d’oreilles. 

 

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Les poumons, organes primordiaux dans la préservation des grenouilles

Au milieu de cette cacophonie il n’est pas facile pour les grenouilles femelles de trouver un partenaire potentiel. Néanmoins, certaines espèces de grenouilles auraient développé un processus capable de filtrer certains sons. En effet, pour retrouver les mâles provenant de la même espèce, les femelles sont confrontée à ce que le scientifique qualifie de problématique du « cocktail party » (difficultés à comprendre un seul orateur au milieu d’une foule bruyante).

Pour cela, les batraciens parviendraient à réduire la sensibilité de leur tympan au bruit ambiant (pour certaines fréquences spécifiques) et cela grâce à la transmission du son de leurs poumons à leurs oreilles. Les poumons de la grenouille rempliraient une fonction de filtre antibruit, mécanisme jusqu’alors inconnu dans l’audition et la communication sonore des vertébrés. Ainsi, ce procédé leur permettrait de mieux se concentrer sur les appels de leurs congénères.

“Amélioration du contraste spectral”

Norman Lee du College Saint Olaf dans le Minnesota et ses collègues ont remarqué que cette fonction est propre à certaines espèces, par exemple la rainette verte américaine. Elle atténuerait les appels provenant d’autres espèces de grenouilles. Cette “amélioration du contraste spectral” pourrait être commune à plus de 7200 espèces de grenouilles de l’Ordre Anura. Cette réduction est en générale de 4 à 6 décibels, l’atténuation maximale pouvant atteindre environ 10 décibels, tandis qu’un casque antibruit irait jusqu’à éradiquer environ 30 ou 40 décibels de bruit. Selon un article du journal The Atlantic, le chercheur Mark Bee expliquait que si la baisse n’est pas plus élevée, c’est également pour que les femelles puissent guetter leurs proies et rester sur leurs gardes afin de prévenir l’arrivée de potentiels prédateurs.

Cette technique visant à sélectionner certains sons serait analogue à celle utilisée par les appareils auditifs. Perçue comme une amélioration du contraste auditif, elle pourrait découler d’un processus de sélection naturelle. Ce mécanisme pourrait également être utile à ces batraciens en zones urbaines, surtout en vue de l’augmentation de la pollution sonore d’origine humaine.



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