Gouvernance, traçabilité et participation locale : vers une rupture du cycle de conflit lié aux ressources naturelles en République Démocratique du Congo

AMU KABALE John*, MESONGOLO NKOY MAFUTA Rachel* et NZUNGI MASENGO Arlette*

* Centre de Recherche en Sciences humaines (CRESH)
https://doi.org/10.59937/RMCR9079

Résumé

La République démocratique du Congo (RDC) reste confrontée à un paradoxe structurel : l’exploitation de ses ressources minières stratégiques — cobalt, coltan, cuivre et lithium — alimente des cycles de conflits armés au lieu de soutenir son développement socio-économique. Héritée de la période coloniale, cette dynamique est aggravée par une gouvernance défaillante, la faiblesse des institutions, la corruption et la prédation des ressources par des acteurs étatiques, privés et armés, en particulier dans l’Est du pays. Cet article analyse comment des mécanismes de gouvernance peuvent rompre le lien entre extraction minière et violence, en mobilisant la transparence, la traçabilité et la participation locale. S’appuyant sur une approche qualitative et documentaire, il propose de repenser la gestion du secteur minier autour de trois leviers interdépendants : (i) une réforme approfondie de la gouvernance fondée sur la responsabilité institutionnelle ; (ii) des systèmes de traçabilité rigoureux soutenus par des audits indépendants ; et (iii) une implication effective des communautés locales et des autorités coutumières dans les processus décisionnels ainsi que dans le partage des bénéfices. L’article conclut que la territorialisation des politiques minières, associée à un contrôle citoyen et à une coopération internationale renforcée, constitue une condition nécessaire pour transformer les ressources naturelles en vecteurs de paix, de légitimité institutionnelle et de développement durable en RDC.

Mots-clés: Gouvernance minière, Traçabilité, Inclusion communautaire, Conflits armés, Réforme institutionnelle.

Abstract

The Democratic Republic of Congo (DRC) continues to face a structural paradox: the exploitation of its strategic mineral resources—cobalt, coltan, copper, and lithium—fuels cycles of armed conflict instead of supporting socio-economic development. Rooted in the colonial legacy, this dynamic is exacerbated by weak governance, fragile institutions, corruption, and the predatory management of resources by state, private, and armed actors, particularly in the eastern regions of the country. This article examines how governance mechanisms can break the link between mineral extraction and violence by mobilizing transparency, traceability, and local participation. Drawing on a qualitative and documentary approach, it proposes rethinking the management of the mining sector around three interdependent pillars: (i) a comprehensive governance reform grounded in institutional accountability; (ii) rigorous traceability systems supported by independent audits; and (iii) the effective involvement of local communities and customary authorities in decision-making processes and benefit-sharing arrangements. The article concludes that the territorialization of mining policies, combined with citizen oversight and strengthened international cooperation, is essential for transforming natural resources into drivers of peace, institutional legitimacy, and sustainable development in the DRC.

Keywords: Mining governance, Traceability, Community inclusion, Armed conflicts, Institutional reform.

Article 6.3.3