MONDAKA NGOLU Cynthia1 , OMANYONDO OHAMBE Marie-Claire2, MUKANDU BASUA Babintu2, NGBOLUA KOTO – TE – NYIWA Jean-Paul3,4, DIMOKE OKITO Franck1,2 AHUKA LONGOMBE Nono1 et MONZINDA KISEMBA Henry1
1Institut Supérieur des Techniques Médicales de KISANGANI (ISTM/Kisangani).
2Institut Supérieur des Techniques Médicales de Kinshasa.
3Université de Kinshasa
4Centre de Recherche en Pharmacopée et Médecine Traditionnelle, Kinshasa.
https://doi.org/10.59937/IIKD1690
Résumé
Le lavement intestinal, pratique traditionnelle profondément enracinée dans les communautés autochtones, est perçu comme une solution thérapeutique efficace pour divers maux infantiles. Toutefois, cette pratique suscite des préoccupations sanitaires, notamment en raison de son lien potentiel avec des taux élevés de morbidité et de mortalité infantiles observés dans certains pays d’Afrique. La présente étude vise à évaluer le niveau de satisfaction ainsi que les attentes culturelles et sanitaires des mères autochtones de Kisangani à l’égard du lavement thérapeutique chez les enfants de moins de cinq ans, en vue d’identifier les risques associés et de proposer des actions de sensibilisation adaptées. Une approche qualitative de type phénoménologique a été adoptée. L’échantillon comprenait quatorze (14) mères autochtones résidant dans le bloc Kachuya. Les données ont été collectées à l’aide d’entretiens semi-structurés guidés et enregistrés, puis analysées selon une démarche inductive. Les participantes ont exprimé une forte adhésion à cette pratique, motivée par des croyances culturelles et des contraintes économiques. Elles reconnaissent son efficacité perçue dans le traitement de la constipation et de la rougeole, tout en demeurant conscientes des complications possibles. Certaines prennent des précautions avant l’administration du lavement et envisagent une consultation médicale en cas de réactions anormales. Dans l’ensemble, la satisfaction des mères autochtones à l’égard du lavement thérapeutique demeure élevée, soutenue par des fondements culturels et spirituels profonds. Néanmoins, la reconnaissance des risques potentiels met en évidence la nécessité d’un renforcement de l’éducation sanitaire communautaire et d’une meilleure intégration des savoirs traditionnels dans le système de santé moderne.
Mots-clés: Lavement thérapeutique ; Enfants de moins de cinq ans ; Mères autochtones ; Pratiques communautaires ; Médecine traditionnelle.
Abstract
Intestinal enemas, a traditional practice deeply rooted in indigenous communities, are perceived as an effective therapeutic solution for various childhood ailments. However, this practice raises health concerns, particularly due to its potential link to high rates of infant morbidity and mortality observed in certain African countries. This study aims to assess the level of satisfaction and the cultural and health expectations of indigenous mothers in Kisangani with regard to therapeutic enemas in children under five years of age, with a view to identifying the associated risks and proposing appropriate awareness-raising measures. A qualitative phenomenological approach was adopted. The sample included fourteen (14) indigenous mothers residing in the Kachuya block. Data were collected using guided, recorded semi-structured interviews and then analysed using an inductive approach. The participants expressed strong support for this practice, motivated by cultural beliefs and economic constraints. They recognise its perceived effectiveness in treating constipation and measles, while remaining aware of possible complications. Some take precautions before administering the enema and consider seeking medical advice in the event of abnormal reactions. Overall, indigenous mothers’ satisfaction with therapeutic enemas remains high, supported by deep cultural and spiritual foundations. Nevertheless, recognition of the potential risks highlights the need for strengthened community health education and better integration of traditional knowledge into the modern health system.
Keywords: Therapeutic enema; Children under five; Indigenous mothers; Community practices; Traditional medicine.
Article 6.3.2